Rencontre autour de l’Isolement
Du mercredi 08 avril au vendredi 10 avril 2026
Bastia
En 2026, le thème de la rencontre qui aura lieu à Bastia (Musée de Bastia – Palais des Gouverneurs) est l’isolement.
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« L’appel à communication concernant la prochaine Rencontre du Gaaf, autour de l’Isolement, initialement ouvert jusqu’au 30 novembre est prolongé jusqu’au 15 décembre.
Nous savons que les restrictions budgétaires se font sentir pour la plupart d’entre-vous, et le nombre de propositions recueillie s’en trouve impacté. Il est tout à fait cohérent d’anticiper de nouveaux blocages/absences de prise en charge, et une majorité des chercheurs ne souhaite pas risquer de retirer sa proposition, ou financer sa venue sur ses deniers personnels.
La localisation choisie pour 2026 peut également sembler à la fois distante et potentiellement chère, mais les moyens d’accès sont nombreux et les prix raisonnables car nous restons hors de la période touristique.
Le Comité d’Organisation est ouvert à la discussion concernant ces difficultés et nous restons à votre écoute, dans le cas ou vous souhaiteriez proposer une communication mais que vous rencontrez un ou plusieurs points bloquants. »
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Ce terme qualifie l’État de ce qui est isolé, séparé, à l’écart. Cet isolement peut prendre plusieurs formes. Il peut s’agir d’un isolement social, vis-à-vis d’une communauté plus large : un ou des individus peuvent être exclus socialement et mis à l’écart (internement, quarantaine, séquestration), ou bien s’exclure eux-même de façon volontaire (réclusion, claustration). Il peut également s’agir d’un isolement géographique (lieu écarté, distant, peu accessible, séparé) qui suppose de façon évidente que des individus ou des groupes se retrouvent isolés et sans contacts aisés avec d’autres communautés. Les contraintes topographiques peuvent aussi provoquer l’isolement d’un individu ou d’un groupe d’individus en dehors de tout contexte d’inhumation collectif, de façon plus ou moins distante.
En fonction des circonstances, des lieux et des époques, l’isolement peut donc être volontaire ou involontaire, choisi ou subi, durable ou temporaire : symbole de liberté et de vocation pour un religieux, ou au contraire de contrainte et d’opprobre pour un pestiféré, il peut relever uniquement d’un élément de contexte pour l’habitant d’un village reculé dans les montagnes. À défaut d’une analyse étymologique et sémantique exhaustive, l’isolement dont il sera question lors de ces Rencontres couvre donc des réalités multiples, des degrés variables et des situations a priori très différentes.
Parallèlement, s’il est généralement aisé d’affirmer la nature collective d’un lieu de vie et/ou d’une aire sépulcrale, il est plus délicat de démontrer le caractère isolé d’un espace ou d’un dépôt mortuaire. Ceci est d’autant plus vrai que l’on s’éloigne de la période contemporaine et que la conservation ainsi que le nombre de sites référents s’amenuisent. Dans le domaine de l’archéologie cette contrainte se traduit de façon particulièrement forte : emprises de fouilles limitées, érosion, destruction, conservation différentielle etc.
On s’attachera donc à présenter des cas qui s’affranchissent au maximum de toute ambiguïté, en retenant des lieux qui induisent de façon naturelle l’isolement ou des espaces où sont mis en œuvre des dispositifs, des moyens et des pratiques spécifiques destinés à provoquer l’isolement.
La Rencontre aura pour ambition de traiter de l’isolement et ses conséquences sur le corps biologique et plus spécifiquement sur les pratiques funéraires, qu’il s’agisse d’un isolement des vivants (lieu de vie, statut social, état sanitaire…) ou des défunts, l’un n’engendrant pas systématiquement l’autre. Au-delà de l’archéologie et de l’archéo-anthropologie, la question de l’isolement implique nécessairement l’intervention d’autres disciplines (sociologie, histoire, ethnologie, neurosciences, etc.) et un cadre élargi. Aussi, aucune borne chronologique ou géographique ne sera imposée.
Les discussions scientifiques s’articuleront autour de trois larges thématiques transversales.
Axe 1 – Isolement vis-à-vis de la communauté
L’axe 1 traitera de l’isolement d’un groupe ou d’une population particulière mis à l’écart d’une communauté plus large, ou vivant volontairement à l’écart de celle-ci. On cherchera à mettre en évidence la manière dont cet isolement peut se manifester concrètement sur les vivants (régime alimentaire, parasites, maladies, pratiques sociales, etc.) et sur les morts (pratiques mortuaires inhabituelles, lieux spécifiques d’inhumation). En fonction du contexte, on pourra identifier des stigmates physiques caractéristiques (par exemple port d’entraves) liés à des activités et pratiques spécifiques.
Plus largement, on pourra également s’interroger sur l’aspect social de cet isolement, en abordant la problématique sous un angle inverse, à savoir en quoi certaines caractéristiques ou pathologies ont pu mener à une mise à l’écart, physique ou sociale, du vivant des individus (par exemple léproseries, Freak show, zoos humains).
Axe 2 – Isolement géographique
L’axe 2 abordera la manière dont l’isolement géographique d’un groupe impacte le corps des vivants et influe sur les pratiques funéraires.
Comme le thème précédent, ce sujet pourra être abordé sous plusieurs angles, aussi bien biologiques que sociologiques. La mise en évidence de traits ou d’adaptations communes à plusieurs communautés ou, au contraire, de discordances, sera recherchée.
Axe 3 – Isolement dans la mort
L’axe 3 évoquera les cas particuliers d’individus volontairement isolés dans la mort par rapport aux espaces funéraires communs/communautaires, que cet isolement ait été recherché par le défunt à des fins de mise en valeur, ou qu’il ait été subi. Cet axe ne concernera donc pas les individus qui ont vécu à l’écart de leur vivant. À partir d’exemples on se questionnera sur les choix qui ont motivé l’isolement de ces individus dans la mort. La notion de pratique non funéraire pourra être abordée dans ce thème. Pour les périodes les plus anciennes (Néolithique et Âge du fer notamment), les sépultures dites isolées ayant été déjà largement traitées par le
passé, ce colloque s’attachera à recueillir des données et des communications inédites qui permettront de démontrer l’isolement des défunts.
Les synthèses thématiques reposant sur l’analyse de plusieurs exemples significatifs et pertinents seront privilégiées pour les communications orales, tandis que les études de cas seront réservées aux communications affichées.
L’appel à communication est ouvert jusqu’au 15 décembre 2025.
Nous vous prévenons également que la salle choisie ne pourra accueillir que 100 personnes, les inscriptions préalables seront obligatoires (pas d’inscription sur place si le quota de 100 est atteint).
Comité d'organisation : Sophie Oudry (Inrap, UMR 7268 ADES)Catherine Rigeade (Inrap, UMR 7298 LA3M)Aurélie Mayer (Éveha, UMR 7268 ADES)Sylvain Gregori (Musée de Bastia, UPR 1193 CMMC)Ophélie de Peretti (Musée de Mariana, UMR 6566 CreAAH)Ghislaine Epaud (Inrap)
Comité scientifique : Elisabeth Anstett (CNRS, UMR 7268 ADES)Yann Ardagna (Aix-Marseille Université, UMR 7268 ADES)Liliane Berti (Université de Corte)Philippe Biagini (Université de Corte, UMR 7268 ADES)Philippe Blanchard (Inrap, UMR 5199 PACEA)Jean-Michel Bontempi (CTC)Audrey Gaillard (indépendante, UMR 5138 ArAr)Daniel Istria (CNRS, UMR 7298 LA3M)Justine Lyautey (Éveha, EPHE-PSL, UMR 6034 Archéosciences Bordeaux)Caroline Laforest (Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique, UMR 5199 PACEA)Mélie Le Roy (Université de Bournemouth, UMR 5199 PACEA)Mickaël Mestre (DAC Guyane)Virginie Motte (DRAC Bretagne)David Ollivier (CNRS, UMR 7298 LA3M)Hervé Petitot (Inrap)Thomas Romon (Inrap, UMR 5199 PACEA)Aurore Schmitt (CNRS, UMR 5140, ASM)Laurent Sévègnes (DRAC Corse)Mathieu Vivas (Université de Lille, UMR 8529 IRHIS, IUF)
Contact organisation :
- rencontre2026@gaaf-asso.fr