Xylologie
Mise à jour : 23/04/2025
La xylologie
Définition
La xylologie est la science de l’étude des bois archéologiques quel que soit leur état de conservation (bois trace, carbonisé, sec, minéralisé, gorgé d’eau). La discipline s’attache principalement aux bois gorgés d’eau qui doivent leur conservation sur le très long terme à leur enfouissement rapide dans un milieu anaérobie et sans lumière continuellement baigné d’eau. Un tel milieu empêche la survie des micro-organismes xylophages (insectes, bactéries, champignons, algues). Autre avantage, le bois préserve sa forme et ses surfaces d’origines, et donc les traces des outils qui l’ont façonné, mais l’altération chimique qu’il subit le rend fragile et mou.
Possibilités et applications
Sur les sites à caractère funéraire et selon son mode de conservation le bois peut se présenter sous divers aspects, tous susceptibles de livrer des informations sur les sépultures et leur(s) aménagement(s).
- La lecture des traces ligneuses sur le terrain permet une restitution partielle des aménagements (sens de mise en place, caractères macroscopiques). Des informations telles que le taxon ou le mode de conversion sont inaccessibles.
- Dans le cas d’éléments carbonisés il existe deux possibilités : pour un élément en place, le xylologue aura une vision technologique. Une intervention sur le terrain est essentielle à la compréhension de l’élément carbonisé (couvercle, atèle…). L’anthracologue doit cependant être privilégié, et de manière systématique en cas d’abondance de charbons (bûcher, foyer, microcharbons).
- Dans le cas de bois minéralisé au contact d’éléments métalliques (clous, douilles, fourreaux, etc.), une analyse complète de l’essence et du mode de débitage est parfaitement envisageable. Pour les clous de cercueil, un protocole rigoureux doit être appliqué afin d’en tirer un maximum d’informations (fig.). Il sera alors possible de restituer le nombre et le type de planches, le mode d’assemblage des boîtes, les éventuels éléments rapportés, etc.
- Les découvertes de bois gorgé d’eau en contexte funéraire sont plus rares. Dans ce cas, parallèlement à l’étude technologique poussée qu’offrent les bois conservés (débitage, mise en oeuvre, outils et artisans), il est véritablement possible d’appréhender l’aménagement des fosses et de procéder à des restitutions précises de l’architecture des sépultures (caractérisation des contenants funéraires, mode d’assemblage, remplois, cales, couvercles, superstructures…).
Méthodes de prélèvement et précautions particulières
Dans tous les cas dès la découverte il faut se rapprocher d’un spécialiste pour guider la fouille et le prélèvement des éléments ligneux afin de conserver le maximum d’informations. Un déplacement sur le terrain reste la meilleure option lorsque cela est possible.
L’enregistrement de terrain doit être le plus minutieux possible : localisation photos et croquis à l’appui, orientation (haut, bas, face d’apparition, intérieur/extérieur sépulture), position par rapport au squelette (planche gauche / droite / pieds / tête / fond / couvercle), altitude des prélèvements, dimensions avant prélèvement si le bois est conservé. Les clous doivent être numérotés et prélevés individuellement, leur position repérée en plan et en altitude. L’orientation est indispensable (fig 1).

Fig. 1 : Modèle d’enregistrement des clous des contenants funéraires en bois, d’après les éléments du site de Montbéliard (Vuillemin et al. 2023). D.A.O. B. Lecomte-Schmitt, Inrap.
Présence de bois gorgés d’eau :
- Dans le cas de planches ou autres grands éléments gorgées d’eau, ne pas les laisser sécher, protéger du vent et du soleil, asperger régulièrement et couvrir (tissu éponge, bidim), prélever rapidement.
Bien humidifier la pièce avant de l’emballer dans du film étirable, sur un support rigide non organique isolé du bois, et conserver dans des sacs poubelles opaques ou du film noir à l’abri de la chaleur, du vent, de la lumière. Entreposer dans des lieux frais, si possible dans de grands bacs avec de l’eau (en été sur un chantier isolé, un trou bâché avec de l’eau peut ponctuellement faire l’affaire). - Dans le cas d’objets de petites dimensions, les prélever éventuellement en bloc cellophané, dans une boîte avec de l’eau, bien calés, étiquette isolée de l’objet et entreposer au réfrigérateur.
- Dans le cas de branchages, prélever l’équivalent d’un seau de 10L sans sélection et couvrir d’eau, ou mettre dans des sachets minigrips non-perforés ou des boîtes/seaux hermétiques avec de l’eau, en chassant l’air au maximum. S’ils se cassent, rassembler en minigrip les fragments d’un même élément.
- Ne pas chercher à trop dégager les pièces, et le faire le cas échéant à l’eau et au doigt ou au pinceau, ou à l’aide d’outils de fouille tendre (bois, os), préférentiellement en centre archéologique afin de préserver les surfaces.
- Ne pas superposer les pièces pour éviter les phénomènes d’écrasement.
- Préserver les éléments dans des bacs fermés avec de l’eau, à l’abri de la lumière et des variations de température, idéalement en frigo ou chambre froide.
Laboratoires et coûts
Le devis dépend de l’expertise réalisée sur le terrain, du nombre d’échantillons à traiter et de leur état de dégradation. Le spécialiste en charge de l’étude pourra préconiser des analyses complémentaires en fonction des éléments découverts et orienter vers les laboratoires adéquats (datation, stabilisation). Il peut établir la demande de devis.
Auteur de la fiche
Blandine Lecomte-Schmitt, Xylologue¹² – INRAP Rhône-Alpes
1. INRAP – Cellule Économie Végétale et Environnement (Cève)
2. UMR 5600 Environnement Ville société, Université de Lyon 2, Lyon
contact : blandine.lecomte-schmitt@inrap.fr / 06 73 65 34 99
Téléchargements
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