Appel à com’ : Des cadavres dans nos poubelles

Article publié le 22 juin 2017 | Catégorie(s) : Événements

Restes humains & espaces détritiques de la Préhistoire à nos jours

Journées d’études interdisciplinaires du laboratoire ADES organisées par Elisabeth ANSTETT (CNRS-IRIS & ADES) et Aurore SCHMITT (CNRS-ADES), les 8 & 9 Février 2018 à la Faculté de Médecine de la Timone (Marseille, France)

Dans les contextes contemporains comme dans les contextes archéologiques, de nombreux restes humains sont mis au jour au sein de structures contenant des rejets détritiques (vaisselles brisées, déchets alimentaires, etc.). Ces dépôts ne témoignent sans doute pas que d’un simple abandon, ou d’une privation de sépulture. Ils sont souvent liés à une volonté délibérée de connoter négativement le corps mort – en tout ou en partie -, ou de l’assimiler à un déchet. Pour quelles raisons ? Où, quand et dans quels contextes, repère-t-on ces dépôts ? Le refus de funérailles semble dans certains cas doublé d’un outrage. Est-ce toujours et partout le cas ? Comment, par qui et pourquoi certains individus sont-ils délibérément jetés dans des dépotoirs ou des décharges ? Qui sont-ils ? L’interprétation de ces configurations – qu’elles soient issues de découvertes archéologiques ou judiciaires – est toujours difficile, ce qui a jusqu’à présent limité une perception plus globale de ce phénomène.

C’est la raison pour laquelle nous proposons de poser pour la première fois de façon trans-disciplinaire et diachronique la question de la présence de restes humains au sein d’espaces détritiques, convaincues que c’est une approche à large échelle, associant différents points de vue disciplinaires, qui permettra de mieux cerner les motivations qui conduisent à jeter volontairement des cadavres à la poubelle. Il conviendra à cet égard de nous interroger autant sur le statut des restes humains que sur les représentations des zones détritiques, ainsi que sur leur localisation par rapport aux espaces habités.
Afin de ménager du temps pour les discussions, le nombre des communications présentées lors des journées du 8 et 9 février 2018 sera limité,et la forme de la table ronde réunissant tous les participants, privilégiée.

Nous souhaiterions que chaque communication – dont la durée ne dépassera pas 30 mn – soit organisée en deux volets : un premier volet, descriptif, présentant les données factuelles du cas présenté ; et un second volet, plus analytique, récapitulant les interrogations, les analyses ou les hypothèses interprétatives que ces configurations ont suscité, selon le champ disciplinaire par lequel elles auront été abordées.

Cette table ronde fera l’objet d’une double publication : sous forme d’un numéro spécial de la revue Human Remains and Violence, et sous forme d’un volume collectif en français. Les propositions de communication (500 mots max) sont à envoyer à l’adresse cadavrespoubelles2018@gmail.com avant le 15 octobre 2017, accompagnées d’une brève biographie incluant le nom, la discipline de rattachement, l’affiliation institutionnelle, les éventuelles récentes publications, et les coordonnées complètes de leur(s) auteur(s).

Téléchargements