Rencontre autour des Images de la mort
Du mercredi 02 juin au vendredi 04 juin 2027
Blois, 41000
L’image occupe une place primordiale dans le rapport des humains à la mort, à la fois comme attestation de la disparition et manifestation du souvenir. À l’heure de la célébration du Bicentenaire de la Photographie (sept. 2026-sept. 2027), cette Rencontre prend pour thème les représentations des défunts, des funérailles et des lieux funéraires ou mortuaires. Plus largement, elle cherche à rendre compte de la place des images dans la recherche archéologique sur la mort. Par image, on entend toute représentation d’un sujet, qu’elle soit matérielle ou immatérielle, fixe ou animée, en deux ou trois dimensions, de l’échelle microscopique à celle des territoires.
L’image sera abordée selon trois thématiques : l’image qui porte en elle des indices pour la recherche (Images sources), celle produite dans le cadre des études archéologiques (Images en production) et celle que les sociétés du passé renvoient à leurs contemporains (Images renvoyées). Les propositions de contributions pourront porter, par exemple, sur la production, l’utilisation, l’apport, la diffusion de ces différents types d’images ainsi que sur les enjeux éthiques liés à l’usage des images de la mort. Cette Rencontre se veut largement ouverte aux autres disciplines, qu’il s’agisse des sciences humaines ou technologiques ainsi qu’aux muséographes.
Ce colloque fait écho à des Rencontres passées (sur le cadavre, les paysages, les nouvelles pratiques, les funérailles, la mémoire…) et aux Rendez-vous autour de l’archéomatique. Son objectif est de prolonger les réflexions ouvertes en mettant l’accent sur les représentations.
Comité d’éthique :
L’utilisation de supports visuels pour l’étude des corps et des comportements autour de la mort dans le passé soulève de nombreuses questions éthiques. Le respect dû aux individus et à la représentation du patrimoine anthropobiologique ainsi que la prise en compte de la diversité des sensibilités des publics, dont les scientifiques eux-mêmes, conduit à interroger les conditions de production, d’usage et de diffusion de ces images.
Afin d’accompagner cette réflexion, un comité d’éthique est mis en place pour cette édition des rencontres du Gaaf. Composé de spécialistes en anthropologie, sociologie, droit et philosophie, il a pour mission de formuler, à titre consultatif et sur la base du volontariat, des avis et des conseils destinés aux autrices et auteurs, comme aux membres du comité scientifique.
Le comité pourra être sollicité à toutes les étapes du colloque, de la préparation des résumés à la publication des actes, en passant par l’élaboration des communications orales et des posters.
Pour prendre contact avec le comité, vous pouvez écrire à rencontre2027@gaaf-asso.fr.
Les communications scientifiques s’articuleront autour de trois larges thématiques transversales :
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Thème 1 – Images sources : ce que nous révèle l’iconographie
« La mort est iconophile » écrivait Philippe Ariès en 1983. Les représentations de la mort, du défunt mais aussi des lieux et pratiques funéraires sont très nombreuses dans l’iconographie qui nous est parvenue du passé. Qu’il s’agisse de la photographie, de la vidéo, de la gravure, du dessin, de la peinture ou de la sculpture, l’archéologue dispose aujourd’hui de multiples sources visuelles pour discuter du sujet mortuaire dans les sociétés passées et enrichir son argumentaire sur l’interprétation des vestiges. En deux ou trois dimensions, les documents figurés révèlent des indices précieux sur la matérialité des espaces funéraires (localisation et environnement, aménagement, évolution spatiale, etc.) ou du traitement des morts (tenue vestimentaire, linceul, transport et enfouissement du défunt, etc.), mais aussi sur les croyances et le rapport entretenu avec la mort – à travers les célèbres danses macabres, les vanités ou les photographies posthumes, par exemple.
Les communications de ce thème se concentreront sur l’exploration de l’image en tant que source, quelle que soit sa nature mais aussi son cadre de production (scientifique, artistique, artisanal, médical, intime ou familial, touristique, etc.). Elles porteront sur des exemples concrets d’utilisation et de redécouverte de l’iconographie, dans une approche à la fois critique et méthodologique des sources. Elles montreront comment les images du passé sont collectées, rassemblées, analysées, évaluées et retravaillées pour servir la recherche en archéologie de la mort.
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Thème 2 – Images en production : la mise en image pour comprendre et transmettre
Ce thème propose de réfléchir à la production d’images appliquée à l’étude des faits mortuaires.
La recherche archéologique produit une grande diversité d’images destinées à documenter et conserver des observations qui ne peuvent pas être reproduites. Ces dernières servent aussi d’outils intermédiaires de recherche accompagnant les processus d’analyse et d’interprétation. Elles sont enfin mobilisées pour transmettre les connaissances à des publics variés. Par le dialogue avec d’autres disciplines et en suivant les avancées méthodologiques, les possibilités de mise en image sont actuellement très nombreuses, de la représentation bidimensionnelle à la modélisation tridimensionnelle, de l’image fixe aux visualisations dynamiques, de l’échelle microscopique à l’analyse territoriale.
Les communications pourront notamment porter sur les méthodes d’enregistrement et les techniques d’acquisition d’images mises en oeuvre sur le terrain, depuis le croquis jusqu’aux relevés numériques (photogrammétrie, scanner 3D, etc.), dans une perspective de conservation, de structuration et d’exploitation des données. Elles pourront également aborder les images utilisées comme outils d’exploration et d’analyse, permettant de révéler des éléments non perceptibles à l’oeil nu (LiDAR, imagerie RX, RTI, microscopie, imagerie hyperspectrale, etc.) ou de visualiser des phénomènes complexes grâce aux analyses spatiales (SIG, statistiques spatiales, etc.). Enfin, elles pourront aborder le rôle central de l’image dans la mise en forme, l’interprétation et la diffusion des résultats de la recherche. Qu’il s’agisse de cartes, de représentations statistiques, de restitutions graphiques ou de visualisations numériques, ces dispositifs contribuent à rendre intelligibles les résultats de la recherche pour la communauté scientifique et une grande variété de publics (scolaires, élus, visiteurs, etc.).
Les propositions privilégiant des approches innovantes ou développant une réflexion sur la production et l’usage des images dans la construction et la diffusion des savoirs sur les pratiques autour de la mort seront particulièrement appréciées.
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Thème 3 – Images renvoyées : ce que nous apprennent les données archéologiques
Les images renvoyées sont celles des croyances et des imaginaires construits autour de la mort par les sociétés anciennes. Ces représentations immatérielles sont perceptibles dans les traces archéologiques témoignant des gestes pratiqués pour les défunts.
Ce thème propose de montrer que la mort n’est pas seulement un événement biologique, mais aussi un fait social et culturel. Il aborde ainsi la question de la mise en scène du fait funéraire, ostentatoire comme discrète, appliquée à toutes ses composantes. Il aborde aussi la question de l’utilisation et de la mise en scène des morts ou des restes humains dans des contextes non-funéraires. Concernant les défunts, les communications pourront, par exemple, porter sur le traitement et l’exposition des corps et des restes (embaumement, funérailles, etc.) ou sur les objets portés et déposés (habillement, parure, piété, etc.), renseignant les rites en usage. À l’échelle de la tombe, elles exploreront notamment les architectures interne comme externe, simple ou monumentale (nature atypique des contenants, décor des superstructures, etc.) et l’image du défunt perçue par les vivants. Les interventions traitant de l’organisation des aires funéraires, de la disposition des sépultures et des éléments structurant l’espace (équipements, limites, etc.) trouveront également leur place dans ce thème. Enfin, les exposés s’attachant à mesurer l’insertion des défunts dans le territoire, dans un environnement naturel ou anthropisé (phénomènes de covisibilité, articulations entre le monde des morts et des vivants…), seront aussi les bienvenus. En parallèle, toutes les réflexions quant aux méthodes employées pour restituer les pratiques funéraires et mortuaires et aux paradigmes qui guident la recherche dans ce domaine trouveront place ici.
Date limite de l’appel à communication : 15 décembre 2026
Comité d’organisation : Jean-Philippe Chimier (Inrap, UMR 7324 CITERES), Samuel Bédécarrats (Aix-Marseille Université, UMR 7268 ADES), Emilie Trébuchet (Inrap, UMR 7324 CITERES), Jérôme Livet (Inrap, UMR 5199 PACEA), Viviane Aubourg (DRAC Centre-Val de Loire, SRA, UMR 7324 CITERES)
Comité scientifique : Viviane Aubourg (SRA Centre-Val de Loire, UMR 7324 CITERES), Amal Azzi (Université de Poitiers, UMR 7302 CESM), Samuel Bédécarrats (Aix-Marseille Université, UMR 7268 ADES), Raphaele Bertho (Université de Tours, EA 6301, InTRu), Antoine Cazin (La Fabrique de Patrimoines en Normandie), Jean-Philippe Chimier (Inrap, UMR 7324 CITERES), Alexis Corrochano (SRA Occitanie, UMR 5608 TRACES), Patrice Georges-Zimmerman (Inrap, UMR 5608 TRACES), Gaëlle Granier (CNRS, UMR 7268 ADES), Jérôme Livet (Inrap, UMR 5199 PACEA), Jules Masson Mourey (UMR 5608 TRACES), Haude Morvan (Université Bordeaux Montaigne, UMR 5607 Ausonius), Sophie Oudry (Inrap, UMR 7268 ADES), Stéphanie Sauget (Université de Tours, UR 6298 CETHIS), Emilie Trébuchet (Inrap, UMR 7324 CITERES), Nicolas Vanderesse (CNRS, UMR 5199 PACEA), Elodie Wermuth (Eveha, UMR 7268 ADES)
Comité éthique : Marie Cornu (CNRS, École normale supérieure Paris-Saclay), Mathilde Daumas (Université libre de Bruxelles, Laboratoire d’Anatomie Biomécanique et Organogenèse – LABO), Mathilde Lequin (CNRS, UMR 5199 PACEA), Valérie Souffron (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UR 2483 CETCOPRA)
Crédit photo : Anonyme, Dessin extrait de « Église, ouverture du tombeau de Foulques Nerra : procès-verbal des fouilles (février 1870) » – Archives départementales 37, EDEP020/M11
Contact organisation :
- Contact d'organisation : rencontre2027@gaaf-asso.fr
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Le colloque aura lieu à Blois (Loir-et-Cher), organisé dans les locaux de l’université de Tours, à l’IUT, site Jaurès (à côté de la Halle aux Grains).